Oui, on peut repeindre un papier peint intissé, et c’est même l’un des supports les plus fiables pour cela. Sa structure en fibres de cellulose et de polyester tient bien l’humidité de la peinture, sans gondoler ni se déchirer. À condition de bien contrôler l’état du support, d’appliquer une sous-couche et de choisir une peinture adaptée, le résultat est propre et durable.
La méthode tient en quatre temps : vérifier, nettoyer, appliquer un primaire, puis passer deux couches de peinture de finition. Voici le détail, avec les pièges qui font rater un chantier de rénovation.
Préparer le papier peint intissé avant de peindre
La préparation du support décide de 80 % du rendu final. Commencez par passer la main sur toute la surface du mur et inspectez les joints entre les lés, en particulier au niveau des angles rentrants lors de la pose du papier peint. Un papier peint intissé qui se décolle aux angles, qui forme des cloques ou qui sonne creux doit être recollé avant toute chose, avec une colle adaptée appliquée à la spatule fine ou à la seringue.
Contrôlez ensuite les raccords. Si les joints sont ouverts, rebouchez-les avec un enduit de rebouchage léger, puis égrenez très légèrement avec un papier abrasif fin, grain 180 à 240. Le ponçage reste minimal : l’intissé est solide, mais une surface trop agressée pèle ou peluche, et vous obtenez alors des fibres visibles sous la peinture.
Dernière étape de préparation : le dépoussiérage et le nettoyage. Un chiffon sec suffit sur un papier récent. Pour un papier peint ancien, un chiffon à peine humide avec un peu d’eau savonneuse élimine la graisse (cuisine, couloir, abords des interrupteurs). Laissez sécher complètement, une heure ou deux, avant d’ouvrir le pot de peinture.
Comment peindre sur du papier peint intissé : les étapes
Avant de commencer, rassemblez le matériel : un rouleau à poils courts ou moyens (12 à 14 mm pour un papier lisse, 18 à 20 mm pour un papier texturé), un pinceau à rechampir ou une brosse pour les angles, un bac, du ruban de masquage et des bâches. Protégez plinthes, prises et encadrements, puis coupez le courant si vous travaillez près des interrupteurs.
Appliquer la sous-couche (primaire)
La sous-couche, que l’on appelle aussi primaire ou apprêt, est la seule vraie barrière entre la colle du papier peint et votre finition. Elle uniformise l’absorption, bloque les petites taches et améliore l’adhérence de la peinture. Sur un papier peint intissé, choisissez un primaire acrylique, appliqué en une couche régulière au rouleau, avec le pinceau pour les bords.
Respectez le temps de séchage indiqué sur le pot, généralement de quatre à six heures. Sur un papier à motifs très marqués ou foncés, ou si le support présente des traces, une seconde passe de sous-couche évite de voir les dessins en transparence.
Appliquer la peinture de finition
Travaillez par bandes verticales d’environ un mètre de large, de haut en bas, sans trop charger le rouleau. Le but est de croiser légèrement les passes pour effacer les reprises, tout en gardant une épaisseur régulière. Rechampissez d’abord les angles et le haut du mur au pinceau, puis enchaînez au rouleau avant que la zone ne sèche.
Prévoyez deux couches de peinture. La première peut sembler un peu irrégulière, c’est normal : la seconde, passée après le temps de séchage recommandé (souvent six à douze heures), donne la profondeur de teinte. Retirez le ruban de masquage quand la peinture est encore légèrement fraîche, en tirant doucement à 45 degrés pour ne pas arracher la surface.
Quelle peinture utiliser sur du papier peint intissé ?

La peinture acrylique à l’eau est le choix le plus sûr. Elle sèche vite, reste respirante, ce qui évite les cloques d’humidité, et ne dégage presque pas d’odeur. La peinture glycéro est à éviter sur un papier peint intissé : elle est plus lourde, plus lente à sécher, elle jaunit avec le temps et son solvant peut fragiliser la colle.
Pour la finition, la finition mate masque les petits défauts du mur et convient aux séjours et chambres. La finition satinée, plus lessivable, est préférable pour une cuisine, un couloir ou une pièce d’enfant. Dans une pièce humide, privilégiez une acrylique spécifique, résistante aux moisissures.
Papier peint déjà peint : refaire une couche sans tout décoller
Si l’intissé a déjà reçu une peinture acrylique en bon état, un simple nettoyage et une couche de primaire suffisent avant la nouvelle teinte. Si la précédente peinture est de type glycéro ou très brillante, dépolissez-la légèrement avant la sous-couche, sinon la nouvelle couche n’accroche pas.
Intissé, traditionnel ou vinyle : quel papier se peint le mieux ?
Le papier peint intissé n’a pas le même comportement que ses concurrents. Le tableau ci-dessous résume les différences qui comptent quand on veut repeindre.
| Type de papier peint | Repeindre ? | Points d’attention |
|---|---|---|
| Papier peint intissé | Oui, très bien | Solide, respirant, peu de gondolement, sous-couche conseillée |
| Papier peint traditionnel | Possible, avec précaution | Fragile à l’humidité, risque de cloques et de déchirures |
| Papier peint vinyle | Délicat | Surface lisse et peu poreuse, primaire d’accrochage indispensable |
Le papier peint traditionnel, fait de papier seul, absorbe l’eau de la peinture et peut se gondoler. Le papier peint vinyle, avec sa couche plastique, accroche mal sans primaire spécifique. L’intissé, lui, combine un grammage correct, une bonne stabilité et une surface qui reçoit bien la peinture, ce qui explique sa popularité en décoration.
Erreurs fréquentes et conseils pratiques

L’erreur la plus courante consiste à sauter la sous-couche. Sans elle, la peinture s’absorbe de façon inégale, on voit les raccords et il faut parfois passer une troisième couche pour rattraper le défaut. Le gain de temps est illusoire.
Autre piège : poncer trop fort. Un égrenage léger suffit, car un abrasif trop gros arrache les fibres de surface et laisse des zones pelucheuses impossibles à masquer. Si vous devez réparer une zone, mieux vaut utiliser un enduit fin puis recouvrir.
Peindre sur un papier peint qui se décolle est aussi une mauvaise idée. L’humidité de la peinture aggrave le décollement et les bulles réapparaissent. Recollez d’abord, laissez la colle sécher un jour entier, puis seulement passez au primaire.
Voici quelques réflexes qui évitent la plupart des retouches :
- tester la peinture sur une zone discrète, derrière un meuble par exemple, avant de lancer le chantier complet ;
- ne pas surcharger le rouleau, pour éviter les coulures et les surépaisseurs sur les motifs en relief ;
- aérer la pièce pendant le séchage, sans courant d’air violent ;
- éviter les papiers peints très épais ou très texturés si l’on souhaite un rendu parfaitement lisse.
Enfin, gardez à l’esprit que repeindre un papier peint intissé n’est pas définitif : plus tard, la plupart des intissés se décollent à sec, par simple traction, tant qu’ils n’ont reçu qu’une ou deux couches. Si vous prévoyez de changer la décoration dans quelques années, c’est un argument supplémentaire pour choisir une peinture acrylique plutôt qu’un produit trop agressif pour le support.





